Introduction

Il s’agit d’un manuel de versification en langue russe. Pour l’instant, il n’a pas été traduit en français, mais il y a une certaine logique à cela : il serait étrange de s’intéresser à la versification russe sans être capable d’en comprendre le contenu. Avec le temps, je le traduirai en français, mais pour l’instant, le manuel peut être lu en russe ou en anglais.

J’ai essayé de présenter la matière dans un langage aussi simple et familier que possible, sans entrer dans les détails et sans abuser des termes techniques. Mais je n’y suis pas arrivé, car on ne peut pas se passer de théorie. Oui, il est beaucoup plus facile d’écrire des poèmes lorsqu’ils viennent de l’intérieur plutôt que lorsqu’ils partent de la théorie. Néanmoins, pour qu’un poème soit non seulement sincère, mais aussi beau et porteur de sens, il faut tout de même connaître un minimum de technique.

Par ailleurs, je considère — et je souligne qu’il s’agit là de mon opinion personnelle — que les poèmes ne doivent pas seulement sonner bien lorsqu’ils sont récités par leur auteur, mais aussi être beaux sur le papier. Ils doivent survivre à leur auteur. Ne serait-ce qu’un peu.

Je vais commencer par mes trois principaux conseils :

1) Pour écrire de bons poèmes, il faut lire énormément de bons poèmes. C’est la règle la plus importante.

2) Ce n’est pas parce que vous avez écrit avec sincérité que votre poème est bon. Tout poème doit être relu quelque temps plus tard, corrigé, taillé, remanié — et personne ne le fera à votre place. Il est extrêmement rare qu’un poème soit réussi du premier coup. Avez-vous déjà vu les brouillons de Baudelaire ? Il y a plus de corrections que de lignes intactes. Et vous n’êtes pas Baudelaire.

3) Trouvez pour votre poème un sujet nouveau, qui n’ait pas été rebattu. Et si vous écrivez sur un thème traditionnel (l’amour, l’automne… vous manquez d’imagination ?), trouvez des mots et des idées nouvelles. Si je vous dis cela, c’est pour une seule raison : je ne vais pas vous apprendre sur quoi écrire. C’est à vous d’en décider.

Alors, commençons.